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Actualité militaire du 4 mai 2010


Notre secrétaire a reçu plusieurs alertes suite à un communiqué du président de l’Épaulette relatif à la parution du livre "Paroles d’officiers" et m'en a fait part.

Pour en prendre connaissance, cliquez sur ce lien


Je n’ai pas lu ce livre, comme nombre d’entre vous je suppose, et avant de clamer mon indignation, j’ai pour principe d’essayer de réunir le maximum d’éléments d’information afin d’être en mesure de me faire ma propre opinion.
J’ai donc cherché sur internet ce dont il retournait et je pense que les considérations qui suivent sont de nature à vous aider à réfléchir.

Tout d’abord, le mot de l’éditeur de présentation de ce livre.

Avec la fin du service militaire par conscription, en 2001, l’armée a quasiment disparu des préoccupations quotidiennes des Français. Pourtant, chaque année, près de 25 000 nouveaux emplois sont créés dans la Marine, l’armée de terre et l’armée de l’air. L’élite de cette société militaire - les officiers - a longtemps été considérée comme « muette », avant tout par autocensure, mais la situation nationale a changé et certains de ses membres acceptent désormais de s’exprimer.
L’amiral Jean Dufourcq a mis en confiance une quarantaine d'entre eux, qui ont répondu à ses questions en toute sincérité, sans tabou ni langue de bois. Dépouillés, analysés et assemblés avec un regard extérieur à la fonction militaire par Jean-Claude Barreau et Frédéric Teulon, les entretiens révèlent une société bien plus complexe, diverse et ouverte qu’on ne le croit généralement.
Tous les sujets sont abordés : la place des officiers dans la société française, la baisse de la considération portée au métier des armes, l’expérience du combat, les opérations extérieures, les rapports entre les militaires et le monde politique, les crises en Afrique ou dans l’ex-Yougoslavie, le rôle de la dissuasion nucléaire et de l’OTAN… Les officiers répondent à des questions graves, souvent occultées : Que signifie aujourd’hui mourir pour la patrie ? À quoi sert l’armée ? La guerre en Afghanistan a-t-elle un sens ? Y a-t-il encore une doctrine stratégique française ?
À travers ces Paroles d'officiers, l'élite de la "grande muette" donne enfin de la voix.

Par qui et dans quelles conditions ce livre a-t-il été écrit ?
Jean-Claude Barreau est historien et écrivain. Jean Dufourcq est contre-amiral (2S), docteur en science politique, chercheur et journaliste à l’École militaire. Frédéric Teulon est économiste, sociologue et écrivain.
Au départ, il y a une idée d’éditeur, Claude DURAND, alors directeur des éditions Fayard. Il réunit 3 auteurs, JC Barreau, Jean Dufourcq et F Teulon. Le premier est un intellectuel dont la clairvoyance est reconnue et à qui on demande de s’interroger sur l’armée, le second, contre-amiral, apporte la caution militaire tandis que le troisième représente le "grand public" qui pose les questions de base.
Après s’être réunis à 2 ou 3 reprises pour définir les thèmes d’intérêt, un questionnaire est rédigé en commun, et envoyé à une quarantaine d’officiers, parmi lesquels 60% d’officiers de l’armée de terre et 60% de moins de 40 ans.
Les réponses au questionnaire sont exploitées par les trois et donnent lieu à la rédaction de l’ouvrage "Paroles d’officiers".

S’agit-il d’un brulot dirigé contre les officiers de recrutement semi-direct ? Assurément, non.
Le passage du livre incriminé est celui dans lequel il est dit la chose suivante à propos des officiers non Saint-Cyriens.
" Les autres officiers, issus du rang ou de la passerelle interne avec le Corps des sous-officiers qu’est l’École Militaire Interarmes, ont un niveau scolaire généralement très moyen (juste le bac), ont rarement ouvert un livre, et ont un appétit assez limité pour ce qui est de l’ouverture sur le monde. Ils sont cependant plus représentatifs des différentes couches de la société française. "

Je reconnais que ce n’est guère très agréable à lire et qu’il y a un peu de condescendance dans tout cela, et j’ai envie de savoir comment a été constitué le panel d’officiers interrogés ?
Je n’ai pas de réponse, mais il s’agit semble-t-il, d’une grande majorité de Cyrards.
Si le trio de rédacteurs est honnête, et je n’ai aucune raison de les soupçonner d’une quelconque animosité vis à vis de notre recrutement, (quelques lignes nous sont consacrées sur l’ensemble d’un bouquin), ils ont donc repris une citation représentative de ce qu’ont, dans leur ensemble, écrit des officiers de recrutement direct à propos des officiers des autres recrutements.
En clair, l’opinion qu’ils se font des officiers non Cyrards n’est vraiment pas terrible, mais c’est hélas ce qu’ils ont exprimé semble-t-il !
Je n’irai pas plus avant dans mon raisonnement, mais ce dont je puis témoigner de toute ma force de conviction, c’est qu’à aucun moment dans ma carrière je n’ai ressenti vis à vis de moi-même ou des officiers IA en général, la moindre condescendance ni manque de considération à notre égard.
Il est contestable que le "niveau académique" du Cyrard moyen est supérieur à celui de l’IA moyen, même si on peut toujours trouver des cas particuliers, mais jamais personne n’aurait parlé de nous en des termes analogues.
Faut-il alors, comme c’est de mode aujourd’hui, quand on veut refuser de voir les choses objectivement, adopter une attitude outragée, exiger des excuses, vouloir un discours "politiquement correct" ou alors se poser les bonnes questions et chercher à comprendre.
Pourquoi une image aussi dégradée, qu’est devenue l’EMIA qu’était la nôtre ?
Nous étions 188 français, ils sont aujourd’hui moins de la moitié, nous avons connu l’École Militaire de Strasbourg, quelle était son utilité, mais je n’irai pas plus loin dans mon analyse, même si d’autres arguments pourraient être développés.
Avec ces quelques éléments, je pense que chacun peut désormais analyser les choses sereinement et se faire une opinion.

D. Uguen


Envoyé par notre camarade Jean-Michel Happe, un entretien avec le général commandant les Ecoles de Coëtquidan paru dans Valeurs actuelles. Pour le consulter, cliquez ICI

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